Une journée chez les Reds de Liverpool

Le foot au Royaume-Uni c’est quelque chose. Le foot à Liverpool c’est certainement au-delà. Il y a des villes où vous devez visiter des châteaux, des musées, des hôtels particuliers, des cathédrales. A Liverpool, vous n’aurez rien vu si vous ne franchissez pas les portes d’Anfield, ce stade mythique où le FC Liverpool fait vibrer la ville entière depuis 1892. Un grand bain dans la foule et des chants populaires, c’était jeudi, et je compte bien réitérer l’expérience !

Si c’est certes au rythme des matchs et du football lui-même bien entendu que les supporters passent de la rage aux larmes de bonheur, c’est également ce stade d’Anfield qui a accumulé les anecdotes et forgé une partie de l’histoire des habitants de Liverpool. En 1892, lorsque le FC Liverpool commença à occuper le stade, ils jouèrent leur premier match devant 5000 spectateurs. En 1952, ils étaient 61 905 amassés là, pour voir le match contre les Wolves de Wolverhampton (notez qu’aujourd’hui, le stade avec ses améliorations a seulement une capacité assise de 45 276 personnes).

Lorsque vous êtes assis à la place des joueurs sur le terrain et que vous regardez cette célèbre tribune des supporters vide, il y a tout de même une certaine folie qui s’en dégage. Imaginer les chiffres que l’on vous donne, revient à imaginer la ferveur de cette Spion Kop comme on la nomme. Elle tire son nom d’un massacre oublié et peu raconté dans les livres d’histoire. Un hommage aux britanniques ayant perdu la vie en janvier 1900 lors de la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud. Autrefois sans sièges, cette tribune a fait les jours de gloire des supporters de Liverpool connus pour être des plus fervents, mais aussi leurs malheurs, avec plusieurs incidents, jusqu’à la catastrophe de Hillsborough en 1989. Certes, ce n’était pas à Anfield que la tribune s’écroula et entraîna la mort de 96 personnes, mais les supporters de Liverpool furent accusés – notamment dans un article du Sun –  d’avoir attaqué les forces de l’ordre qui tentaient de secourir les blessés, d’avoir abusé de personnes et d’avoir uriné sur des cadavres. Ce n’est que l’année dernière qu’un rapport final de cette tragédie – commissionné par Gordon Brown en 2009 – a enfin été dévoilé. Il fut accablant pour la police qui non seulement a commis des erreurs successives dans la gestion de la foule et des secours ce jour-là, mais a également volontairement falsifié une multitude de documents et témoignages afin de faire accuser les supporter de Liverpool. 23 ans après ce drame et pour la première fois, le ministre David Cameron s’est excusé au nom du gouvernement auprès des familles des victimes et des supporters de Liverpool. Quant au boycott du Sun il perdure dans la ville, les kiosques à journaux refusant toujours de vendre le journal. Inutile de vous dire fan de l’équipe si vous achetez ce torchon, vous êtes prévenu !

Heureusement, l’histoire de Liverpool est aussi faite de moments heureux, de trophées et de grandes personnalités, à l’image de Bill Shankly, entraîneur du FC Liverpool de 1954 à 1979. Aujourd’hui encore, ce dernier est adulé pour avoir fait les beaux jours de Liverpool et vous trouverez sa statue à l’entrée du stade. C’est aussi lui qui jouait avec le moral des adversaires à l’aide de procédés divers et variés: construire des petites portes de vestiaires pour que les joueurs aient l’air plus impressionnants et grands, placer le panneau mythique ‘This is Anfield’ (et sous-entendu “you’ll get nothing from here”) au dessus du couloir d’entrée sur le terrain et dont l’héritage résulte certainement d’avoir fait insonoriser le vestiaire des joueurs de Liverpool, mais pas celui des adversaires, au-dessus duquel les fans de Liverpool se font une joie de sauter comme des éléphants. C’est également à son époque que les supporters ont commencé à chanter la célèbre version de “You’ll never walk alone” de Gerry & the Pacemakers. Entonnée à chaque début de match, et parlée lorsque l’équipe ne doit pas flancher, il faut avouer que c’est un moment mémorable.

Jeudi soir, lors du match d’Europa League contre le FK Zenith St-Petersbourgh, l’enthousiasme des supporters n’aurait pu être stoppé, ni par le froid, ni par la nécessité de faire un match parfait pour continuer le parcours dans ce championnat, au contraire ! Cinq “Never walk alone” plus tard, une centaine de “Liiiiiiverpool !” et une multitude de chants, Liverpool gagne son match, mais ne possède pas assez de points pour continuer l’aventure. Tant pis, rien n’entame le soutien de ces supporters. Ils sont passionnés, mon voisin m’a fait perdre un tympan en hurlant à l’arbitre “Offside” (qui lui n’a sûrement rien entendu) et m’a pris par les épaules en rigolant “Sorry Lov!”. Il y a des enfants partout comme d’habitude, on se déplace en famille pour le match. Et ici, au diable la fashion week même les femmes ont leur écharpes et leur maillots, même si c’est en désaccord avec la tenue. Il y a des priorités dans la vie.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=RbF6etw5098]
 Spion Kop de Liverpool filmé en 1964. A 1’08 vous comprendrez que ces supporters aiment chanter !
 

 

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http://www.liverpoolfc.com/ 

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