Philharmonia Orchestra | Lutoslawski Centenary 2013: Woven Worlds “Music begins where words end”

Le Philharmonia avec à cette tête le chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen, a entreprit de célébrer durant trois mois le centenaire du compositeur Witold Lutoslawski. Outsider parmi les centenaires, bicentenaires ou centenaires d’œuvres quand on souhaite encore rabâcher au public des œuvres qu’il connait déjà par cœur, celui-ci m’a attiré d’une part parce que Witold Lutoslawski n’est pas un compositeur qui apparaît fréquemment dans les programmations d’orchestres et que son œuvre est quelque peu mal connue des musiciens eux-même; et d’autre part, car cette célébration est en partenariat avec l’Institut Adam Mickiewicz qui contribue à toute la partie archive et média de cette initiative.

Jeudi soir, je m’en allais donc écouter l’orchestre et son chef interpréter le Concerto pour orchestre et le Concerto pour violoncelle de Lutoslawski avec la virtuosité folle du violonceliste Truls Mørk (comme l’apéricube “mon préféré”) et La Mer de Debussy que l’on avait associé au programme pour l’occasion.

witold_lutoslawski
© Morten Krogvold

Il reste quelques dates à Londres et le Philharmonia s’en ira ensuite diffuser les compositions de Lutoslawski en Italie, à Madrid, Dresdes, Vienne, Berlin et Paris également, au Théâtre des Champs Elysées le 10 juin 2013. Je ne saurai que vous recommander chaudement d’aller écouter l’un de ces concerts. Tout d’abord, l’orchestre excelle (à mon sens) bien plus en musique contemporaine que dans d’autres types de répertoire plus “classique”. Jeudi, l’intensité était grande et la précision des musiciens incroyable, particulièrement chez les cordes et les cuivres. Ensuite, comme je le disais plus haut, vous n’aurez que trop rarement l’occasion d’entendre la musique de Lutoslawski. Ma première rencontre avec sa musique ne s’est pas produite dans une splendide salle de concert ou avec un grand orchestre, non, c’était dans le premier appartement de mon compagnon, probablement en pyjama, lorsqu’il a ouvert la partition du morceau Grave de Lutoslawski, œuvre imposée pour sa médaille de violoncelle. La mélodie qui se dégageait de cette œuvre ne m’avait pas vraiment emballée – les plus mauvaise langues diront “normal c’est XXème” – mais il y avait une construction rythmique intéressante qui faisait grandir l’intensité du morceau pas à pas.

Jeudi soir, je suis encore allée à la découverte de nouvelles œuvres du compositeur et je trouve son langage simplement fantastique. Il y a quelque chose de comique dans le Concerto pour violoncelle avec ce soliste qui revient invariablement sur cette note répétée, comme si toute les possibilités n’aboutissaient qu’à ce fragment, même lorsqu’il intéragit avec l’orchestre. Quant au Concerto pour Orchestre, c’est une œuvre simplement magnifique. Très abordable si votre oreille n’est pas familière avec la musique du XXème siècle, avec de superbes lignes mélodiques qui se dégagent de l’œuvre. Si vous en avez l’occasion selon la configuration de la salle, je ne peux que vous recommander de vous placer non pas au beau milieu de la salle où vous aurez certainement le meilleur son, mais autour de l’orchestre sur les côtés, derrière les cordes. C’est à cet endroit, que vous vivrez l’intensité et que vous vibrerez avec l’orchestre. La musique de Lutoslawski est si expressive qu’elle mérite toute votre attention. Regarder les musiciens et les chefs d’orchestre interagirent dans ce type de musique est tout simplement passionnant, mais il faut être “avec” eux. Dans le premier mouvement du Concerto pour Orchestre, il y a cette sorte de galop des cordes accompagnées par une importante section de cuivres, assez fort, très rythmé, très “intense” (une fois de plus). Esa-Pekka Salonen a commencé à dessiner des mouvements avec son corps assez similaires à ceux que faisaient les musiciens pour maintenir techniquement ce rythme sur leurs instruments. Pendant un instant, la synchronisation de tout ce petit monde sur scène m’a donné l’impression d’un cœur géant qui battait. Pas au sens esthétique, mais réellement physique et mécanique. Les cordes battaient et le reste de l’orchestre alimentait ces battements. C’était un moment vraiment fort.

Le site Internet dédié à cette célébration, met à disposition des films, photographies ainsi que cinq essais de personnalités et des notes sur les programmes. En définitive, vous trouverez là tout ce dont vous avez besoin pour comprendre la musique que vous irez écouter, y compris un petit jeu sur les procédés “aléatoires” de composition.

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