L’Ode à la vie – #MusiciansForSyria | Campagne de dons pour les enfants réfugiés

Mardi dernier, je courrais dans tous les sens pour que le concert sous la banderole “Musicians for Syria” prenne place et soit un succès. Tous ceux qui bossent dans le milieu des concerts savent de quoi je parle. Des programmes à plier au dernier moment, les invités à accueillir, des livraisons, des oublis, des coups de téléphone etc. Croyez le ou non, mais dans mon cerveau fatigué il restait un peu de place pour être un brin anxieuse. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser – non pas sans fierté ceci dit – que nous cochions avec brio la check list des écervelés fascinés par Daesh : un soutien occidental pour les réfugiés Syriens, deux jeunes Français à la tête du concert, de jeunes musiciens de divers horizons et nationalités, quelques noms de la musique classique, un compositeur Syrien ayant déjà fait face à de terribles représailles, des musiques de “l’abominable” occident etc. Il ne manquait plus qu’un after avec un peu de débauche et nous étions bon. Quand Nicolas a levé ses bras et laissé les premières notes de l’orchestre s’échapper, mes craintes ont disparu instantanément. Ces notes libres et pleines de vie c’étaient celles de Phoenix in Exile, l’œuvre merveilleuse et tendre de Malek Jandali. Elles se sont gracieusement élevées dans l’enceinte sous le regard hypnotique de cette petite fille photographiée par un autre enfant réfugié.

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Nicolas Nebout, Sarah Conolly & les musiciens de l’orchestre durant l’unique répétition du concert.

Ce ne fut pas Phoenix in Exile, mais Kiss the Devil. Ce ne fut pas Londres, mais Paris à nouveau. Ce ne fut pas la musique classique, mais le rock. Ce ne fut pas le 11, mais le 13 novembre. J’ai serré fort mon téléphone en espérant que ma sœur décroche saine et sauve et que mes amis répondent aux textos ou fassent un signe sur Facebook. Je n’arrive toujours pas à fermer la fenêtre de ce live du Monde qui dure depuis sept jours maintenant. J’ai lu des lettres ouvertes déchirantes. J’ai vu les visages et les noms de toutes ces belles personnes. Et puis, comme vous tous je suis retournée au travail. J’ai regardé les enfants aller à l’école ; j’ai entendu des parents discuter de la façon dont ils peuvent aborder le sujet avec leur p’tits loups ; j’ai vu des caricatures ou des hommages qui m’ont fait rire malgré mon cœur lourd ; j’ai écouté des portraits tendres de ceux que nous avons perdu et des amoureux de la vie simplement.

Je suis triste et en colère, mais je sais que l’amour et la vie priment. C’est la mouvance que nous choisissons tous. C’est notre réponse à ceux qui sèment la mort. C’est ce qui m’a ému et rempli mon cœur d’espoir quand j’ai lu les mots d’Antoine Leiris. Mais si nous pouvons soigner nos blessures ainsi, c’est parce que nous sommes entourés de beauté, de générosité, de solidarité. Nous nous battons avec notre identité, nos qualités et nos défauts, notre culture, notre histoire, notre éducation et notre ouverture d’esprit.

Les millions d’enfants Syriens aujourd’hui réfugiés dans les régions alentours n’ont plus tout cela. Ce ne sont pas seulement des vies humaines qu’on leur a volé, mais leur identité et leur histoire. La défiance ne doit pas s’arrêter aux limites de la France. Nous pouvons et nous devons les aider à partir à la recherche de leurs racines, à apprendre de nouveau, à aimer sans crainte et à reprendre les rênes de leur histoire. A l’heure actuelle, l’UNICEF fait partie des organisations sur le terrain qui fournissent aux enfants de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux. Mais l’organisation met également en place des cellules de soutien psychologique et des écoles indispensables pour ces enfants.

Pour de multiples raisons – je peux discuter autour d’un café si vous tenez à savoir lesquelles en détail – je ne crois pas en nos gouvernements ou aux prières. Je crois en nos compétences et notre imagination pour nous dresser face à ce qui nous indigne. Je crois en Reza, quand il crée le projet Exile Voices et met des appareils photos entre les mains des jeunes réfugiés. Je crois en mon conjoint Nicolas quand il ne supporte plus l’immobilisme de son monde et s’agite devant un pupitre pour lui donner du mouvement. Je crois en toutes ces personnes qui peu importe ce qu’elles font, offrent générosité, amour et agissent avec conviction.

Bientôt la vidéo de ce beau concert, de cette belle soirée sera disponible. Dans l’attente, nous avons décidé – en plus des donations et profits réalisés lors du concert qui a accueilli environ 200 personnes – de laisser notre campagne Just Giving ouverte. Je ne peux que vous inviter à être généreux et aider ces enfants à se reconstruire et à ne pas tomber entre des mains qui transmettent seulement le néant et la mort.

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Dans la salle, des photographies d’enfants montrant le quotidien d’autres enfants réfugiés. Il s’agît du projet “Exile Voices” par le photographe Reza. Deux autres photographies sous forme de cartes postales sont déposées à l’entrée pour le public. On y lit au dos “Le désespoir de la guerre s’efface devant le rire chaleureux des enfants” Afghanistan 1985 © Reza / Webistan Extraite du livre “Destin Croisés’

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Les contrebassistes de l’orchestre durant l’unique répétition du concert.

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Nicolas Nebout, Sarah Conolly & les musiciens de l’orchestre durant l’unique répétition du concert.

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Malek Jandali, Nicolas Nebout & les musiciens de l’orchestre durant le concert.

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Malek Jandali, Nicolas Nebout & les musiciens de l’orchestre durant le concert.

http://www.unicef.org/emergencies/syria/

https://www.justgiving.com/MusiciansForSyria

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