ROYAL ALBERT HALL | BBC PROMS 2016: Aurora Orchestra – Rihm, Strauss & Mozart (PROM 21)

Proms Proms Proms Proms. I speak Proms, breathe Proms, sing Proms and write Proms these days. I always loved this festival and this year is no exception. But there is something new though, I sang there on Friday night with the London Symphony Chorus. London Symphony Orchestra, Bernard Haitink and Sarah Connolly… not so bad for a premiere, no? This delightful night was broadcasted live on both TV and Radio 3, you can enjoy it here. As a performer, it is a unique and exciting experience, but I still wanted to go as an audience member as well, so yesterday I went there to listen to the fantastic Aurora Orchestra – check their website and next gigs if you never heard about them – and spent another lovely afternoon at the Royal Albert Hall.

Proms Proms Proms Proms. Ces derniers jours, je parle Proms, je respire Proms, je chante Proms et j’écris Proms. J’ai toujours adoré ce festival, et cette année ne fait pas exception à la régle… quoique quelque chose de nouveau est arrivé: cette année j’y ai chanté avec le London Symphony Chorus. London Symphony, Bernard Haitink et Sarah Connolly… pour une première c’est plutôt sympa, j’en convient. Cette merveilleuse soirée a été enregistrée pour la TV et BBC Radio 3, voici un lien pour vous la faire (re)vivre. Sur scène, c’est certain: c’est une expérience unique et fantastique. Mais il n’empêche que j’apprécie tout autant d’y aller en spectatrice. Hier donc, je suis allée écouter le Aurora Orchestre et j’ai de nouveau passé un après-midi bien agréable au Royal Albert Hall en leur compagnie. Bien sûr, si vous ne connaissez pas le Aurora Orchestra, il convient de visiter leur site, choisir un concert prochainement et y aller.

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BBC Proms © Chris Christodoulou

Yesterday a large and enthusiastic audience came to hear the Aurora Orchestra, Nicholas Collon and François Leuleux perform Rihm, Strauss and Mozart at the Royal Albert Hall / BBC Proms. A very communicative and enjoyable experience with all these brilliant musicians and interesting talks between the works by Tom Service.

Performance started with Gejagte Form composed by Wolfgang Rihm for 21 players in 1995-6 and revised in 2002. As it was briefly explained by Tom Service and in program notes, this title means ‘hunted form’. An element I mainly felt through rhythm that embodies actions such as running, jumping etc. The musical architecture of this pursuit was interesting, starting with a violin duet and spreading through the players. Halfway through the piece though, there is a change, a slower passage and repeated patterns and my only regret was there were no explanations about it either in the program notes or by Tom Service. Anyway, as soon as this thought popped up in my mind, we were already in a new episode leading to the end of the piece.

Tom Service came back on stage to introduce Richard Strauss’ Oboe Concerto in D major and after a few words did something nice: he invited François Leleux on stage and both men started a little Q&A which particularly allowed people to understand the challenge for the oboist throughout the piece – challenge illustrated perfectly by the continuous flow of music for almost 60 bars in the opening of the first movement. And if you haven’t got the chance to try and blow in a oboe, believe me, this is incredibly hard and necessitate to activate muscles in your face you probably never knew were actually here. And of course, one single little blow demands breath of a free diving champion. The day before the concert, I was lucky enough to catch up with some of the Aurora Players and one of them told me how wonderful François Leleux – whom I knew but never heard live until yesterday – was. He said that if a snake was sneaking in the hall (yeah quite a long shot but who knows), he would stop and dance in front of Leleux. Well I felt we were all charmed snakes in the audience. The man is a magician! Because of this constant flow and the fact there is no break between movements, Strauss’s Concerto is short but still requests intense concentration for the audience. On this occasion time flew and I am almost ashamed to admit that, although the Aurora players and Nicholas Collon did great, I was completely mesmerized by Leleux’s playing. A lovely moment of music.

C’est une foule assez importante qui avait décidé d’écouter le Aurora, Nicholas Collon et François Leleux dans Rihm, Strauss et Mozart. Un moment vraiment appréciable, très communicatif grâce aux talentueux musiciens et les mots de Tom Service entre les oeuvres.

Tout a commencé avec l’interprétation de Gejagte Form une oeuvre pour 21 musiciens composées par Wolfgang Rihm en 1995-6 et révisée en 2002. Comme brièvement mentionné par Tom Service et dans le programme, le titre signifie “forme chassée”, élément qui dans l’oeuvre se manifeste à mon goût via le rythme qui évoque la course, le saut etc. L’architecture musical de cette poursuite est interessante et débute avec un duo de violons avant de se répandre au sein des musiciens. Cependant, les choses évolue un peu à la moitié de la pièce et un passage lent apparait avec des motifs répétés. Mon seul regret c’est qu’il n’y a pas vraiment eu d’explications à ce sujet, ni de la part de Tom Service, ni dans le programme. Mais entre nous, à peine cette pensée est arrivée et nous étions déjà passé à autre chose, avec la fin de la pièce notamment.

Tom Service est ensuite revenu sur scène pour présenter le Concerto pour hautbois en Ré Majeur de Richard Strauss. Après quelques mots, il a eu la bonne idée d’inviter François Leleux sur scène et les deux hommes ont entamé un Q&A qui a permit au public de comprendre les enjeux du concerto pour le hautboïste, à savoir le flot continu tout au long de la pièce, particulièrement les 60 premières mesures. Si vous n’avez jamais eu la chance de souffler dans hautbois, croyez moi, c’est particulièrement difficile et nécessite d’activer des muscles au visage dont vous ne connaissiez même pas l’existence. Et bien entendu, un seule note demande le souffle d’un champion d’apnée. Bref. La veille, j’ai eu la chance d’échanger avec quelques musiciens de l’orchestre et l’un d’entre eux me disait à quel point il trouve François Leleux – que je connaissais mais n’avait jamais entendu en concert – exceptionnel. Plus exactement, il m’a dit que un serpent débarquait sur la scène du Royal Albert Hall (pourquoi pas?), il s’arrêterait et danserait en transe totale devant Leleux. Autant vous dire que pendant sa performance, j’ai eu l’impression que nous dans le public étions tous des serpents complètement charmés. Le type est un magicien, je n’ai jamais entendu ça. A cause de ce flot constant et parce qu’il n’y a pas d’arrêts entre les mouvement, le concerto – bien qu’assez court – demande une concentration importante du public. Mais le temps m’a semblé filer et j’ai un peu honte de l’admettre, mais bien que les musiciens du Aurora et Nicholas Collon étaient parfait, j’étais complètement hypnotisée par Leleux. Un merveilleux moment musical.

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BBC Proms © Chris Christodoulou

After a 20 minute-interval it was time for Mozart’s Symphony No.41 ‘Jupiter’. The Aurora and the BBC Proms communicated a lot about this part of the concert since players weren’t using scores or anything. By heart pure and simple. I personally believe there is as much pros and cons about performing by memory and I suppose some of the players would love the experience and some others wouldn’t. But musicians from the Aurora were fantastic and for the audience it certainly was an amazing experience. You could never guess the benefits of getting rid of all the scrap metal and paper on stage. Regardless of the performers it already freed the music in a way. Now what levels up everything is the involvement of every Aurora’s members and the bond between them. Yesterday they definitively proved to be talented musicians willing to share the music with audiences. They may be a small ensemble, but I left with the feeling I had heard each and everyone of them, remembering all their faces. It may be a detail, but I believe it says a lot about how we received their performance. Before they jumped in the Symphony, Tom Service and Nicholas Collon explained the fourth movement with live excerpts to the audience. With simple words and effective – and funny – use of space and players, they taught the audience about Mozart’s themes and fugue writing in this fourth movement. A formula that may not work for an evening prom but was welcome and perfectly led for this one.

Après un entracte de 20 minutes, il était temps de retrouver la Symphonie No.41 “Jupiter” de Mozart. Le Aurora et BBC Proms avaient fait un max de communication sur cette partie du concert, car exceptionnellement, les musiciens l’ont interprété par coeur. Rien sur la scène, pas un brin de papier, pas un pupitre. Personnellement, je pense qu’il y a autant de pour et de contre dans la pratique du par coeur sur scène en musique classique. Je suppose que certains musiciens auront adoré l’expérience, tandis que d’autres ne seront pas si convaincus, mais une chose est certaine, pour le public c’est une expérience sans pareil. On ne se douterait jamais des bénéfices apporter par le simple retrait d’objets métallique et des partitions entre les musiciens. Sans même juger leur performance, cela permet d’ores et déjà une véritable libération de la musique. Mais ce qui bien entendu augmente cette sensation c’est le talent du Aurora et la complicité que les musiciens de cet ensemble possèdent. Hier, ils ont définitivement prouvé qu’ils forment un ensemble sacrément talentueux et qu’ils ont la belle volonté de transmettre leur passion et la musique au public. Certes ils ne sont pas un de ces gros orchestre, mais je suis sortie du concert avec la sensation d’avoir entendu chacun d’entre eux et en me rappelant de leur visage. Cela peut paraitre anodin, mais je crois au contraire, que ça en dit long sur la façon dont nous avons pu vivre leur performance. Avant qu’il ne saute sur la symphonie, Tom Service et Nicholas Collon ont d’ailleurs expliqué le 4e mouvement au public avec des extraits live. Avec des mots simples et une utilisation efficace – voire drôle – de la scène, ils ont livré une rapide leçon au public sur les thèmes de Mozart et la construction d’une fugue. Une formule qui ne marcherait peut-être pas lors d’un concert le soir, mais qui était bienvenue ici et parfaitement menée.

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BBC Proms © Chris Christodoulou

Finally, the Royal Albert Hall is a great place for the BBC Proms: it’s beautiful, full of history, the arena shape brings proximity and when walking through the corridors – being audience or performer – you always end up bumping into everyone – audience and performers – and you just feel the excitement growing and growing before a concert. That being said, it’s a terrible and tricky acoustic for classical formations. Now added to the fact it’s broadcasted for the BBC Radio and / or TV, the acoustic is an even bigger concern. And on that point, the Aurora players managed it brilliantly, nailed dynamics and provided rich timbre and balance between instruments throughout the entire performance. The audience, who delivered ‘shy’ applause after Rihm’s piece, was then completely delighted by François Leleux and ended up thrilled by Mozart with loud applause, ovations and even stamp their feet in the hall. A very, very pleasant afternoon indeed.

(This is a review published on my website Classical Diary)

Enfin, le Royal Albert Hall est un endroit génial pour les BBC Proms: magnifique, chargé d’histoire, sa forme en arène permet une certaine proximité et lorsque l’on navigue dans les couloirs – en tant qu’artiste ou public – on fini par rentrer dans tous le monde – artiste ou public – et on sent l’excitation qui monte, qui monte avant un concert. Ceci dit, l’acoustique est terrible et difficile pour les formations classiques. En ajoutant à cela que tout est enregistré et filmé, c’est en général un véritable sujet d’inquiétude. Sur ce point, le Aurora ont su géré l’acoustique difficile, avec de très belles nuances, des timbres riches et un équilibre parfait entre les instruments. Le public qui semblait timide après l’oeuvre de Rihm s’est laissé charmer par François Leleux et terminé complètement excité après Mozart avec applaudissements, ovations et quelques bruits de pieds même. Un après-midi plus qu’agréable donc.

(Cette review a été publiée sur mon site Classical Diary)

BBC Proms

Royal Albert Hall – Kensington Gore, London SW7 2AP

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